Réfugiés kurdes

dimanche 24 janvier 2010

Rassemblement de soutien (Resf, Ligue des Droits de l’Homme, ...) aux demandeurs d’asile transférés au centre de rétention de Cornebarrieu

Article de la Dépêche, suite au rassemblement appelé samedi 23 janvier à 16h devant le centre de rétention


19 clandestins découverts en Corse transférés à Toulouse

Le périple des 124 demandeurs d’asiles retrouvés vendredi matin sur une plage proche de Bonifacio, à l’extrême sud de la Corse, s’est poursuivi hier. Ils ont été transférés sur le continent, répartis dans différents Centres de rétention administrative (CRA). 19 d’entre-eux ont atterri à Toulouse-Blagnac, direction : le centre de Cornebarrieu (voir ci-dessous). Une vingtaine a été accueillie à Marseille, dix à Lyon. Les autres devaient être transférés à Lille, Nîmes et Rennes. D’après Jean-Charles Orsucci, le maire de Bastia, les premiers transfèrements se sont passés « sans incident ».

Les 57 hommes, 29 femmes et 38 enfants le répètent : ils sont des Kurdes de Syrie. Une source proche de l’enquête affirme d’ailleurs que de la monnaie syrienne aurait servi à payer les passeurs. Cherchaient-ils à fuir la répression du pouvoir syrien ?

La Ligue des droits de l’homme regrette que leur demande de droit d’asile n’ait pas été formulée depuis la Corse. Selon André Pacou, le représentant de l’organisation sur l’île, rendez-vous avait été pris avec le préfet pour 9 heures hier matin, et des avocats d’Ajaccio étaient prêts à s’occuper des réfugiés. De nombreuses associations de soutien aux étrangers ont d’ailleurs protesté contre les conditions d’accueil des clandestins. « On n’a pas le droit de les placer en CRA, car ce sont des réfugiés et ils ne sont donc pas expulsables » affirme SOS Soutien aux sans-papiers. « Dans l’ordre des choses, d’abord on traite les dossiers de demande d’asile et après, éventuellement, on place en CRA », estime Jean-Paul Nunez, délégué national de la Cimade en Languedoc-Roussillon.

De son côté, le ministère de l’Immigration affirme que les procédures légales ont été respectées : « Depuis le début de la procédure, ces personnes sont mises en mesure d’exercer l’ensemble de leur droit et bénéficieront dans les CRA d’une assistance juridique ».

C’est la première fois qu’un groupe aussi important de réfugiés débarque en Corse. Le gouvernement entend bien ne pas laisser l’Ile de Beauté devenir une nouvelle filière. Mais les clandestins ne visaient même pas la France. Ils affirment que c’est en Scandinavie qu’ils comptaient arriver. Maintenant qu’ils sont là, notre pays va pourtant devoir se prononcer sur leur demande. Et répondre à cette question : La France est-elle toujours une terre d’asile ?


COMMUNIQUE Ligue des Droits de l’Homme

Réfugiés kurdes en Corse : asile ou charter ?

Vendredi 22 janvier, un bateau dépose sur la côte sud de la Corse 140 hommes, femmes et enfants épuisés, affamés, qui tentent désespérément d’échapper à ce que la Déclaration universelle des droits de l’Homme nomme « la terreur et la misère ». Ce sont des Kurdes de Syrie, qui fuient l’un des pires destins qui soient et l’un des pires régimes qui soient. Ils demandent asile.

La Ville de Bonifacio, mettant à disposition un gymnase pour les abriter, a réagi avec le sens élémentaire de l’humanité que l’on est en droit d’attendre des autorités de la République.

La section de Corse de la LDH, que ces réfugiés ont demandé à rencontrer, s’est rendue ce matin à Bonifacio où le préfet lui avait donné rendez-vous pour examiner les conditions de respect des droits fondamentaux de ces êtres humains. Ce rendez-vous n’a pas été honoré par le préfet. En revanche, les réfugiés ont été entassés dans des cars pour être emmenés à la base aérienne de Solenzara, afin de les disperser dans les centres de rétention de Lyon, Marseille, Nîmes et Toulouse. Ils sont assez désespérés pour avoir entamé une grève de la faim collective.

Ainsi, non seulement l’Etat ne tient pas sa parole mais les droits les plus élémentaires de ces personnes sont grossièrement violés. Il ne s’agit pas de « clandestins » vivant en se cachant sur le sol français, mais de réfugiés qui, arrivant sur le territoire de la République, ont le droit absolu, au regard tant de la Constitution française que des conventions internationales, de demander asile. Ils peuvent à la rigueur être placés en zone d’attente le temps qu’ils puissent formaliser leur demande d’asile, mais les diriger vers des centres de rétention constitue une violation délibérée des engagements les plus essentiels de la République française. A moins que Monsieur Besson ne les renvoie en Syrie, comme il a renvoyé à Kaboul, ville sûre à ses yeux, des réfugiés afghans. Quant aux sentiments humains qui ne distinguent pas entre la misère kurde et la misère haïtienne, ce qui est l’évidence pour les citoyens a manifestement cessé de l’être au sommet de l’Etat.

La Ligue des droits de l’Homme, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme et le Réseau euroméditerranéen des droits de l’Homme tiennent les autorités françaises pour responsables du sort de ces réfugiés et notamment du respect de leur droit de demander l’asile et d’être traités dignement sur le sol de la République française.


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