LA FAMILLE RABA A ETE RENVOYEE HIER DE TOULOUSE VERS PRISTINA

vendredi 1er décembre 2006

Les Raba, des Kosovars non régularisés, ont été renvoyés vers Pristina hier, alors qu’ils attendaient une ultime décision d’un tribunal de Lyon.

Pour expulser, l’Intérieur sort les grands moyens

Les Raba, des Kosovars non régularisés, ont été renvoyés vers Pristina hier, alors qu’ils attendaient une ultime décision d’un tribunal de Lyon.

Par Alice GERAUD

Lyon correspondance

« P ourquoi déployer de tels moyens pour expulser cette famille ? » Leur avocate, leurs proches et Réseau éducation sans frontières (RESF) ne comprennent pas. Hier, les Raba, une famille de Kosovars sans papiers avec trois enfants de 3, 4 et 7 ans ( Libération du 4 décembre) ont été expulsés vers le Kosovo sous forte escorte policière. Selon RESF et la Cimade, cette expulsion a eu lieu par avion spécialement affrété par le gouvernement français, les Raba n’étant inscrits sur aucun vol régulier. « Ce sont des méthodes que l’on voit parfois, notamment dans des cas de refus d’embarquement ou des cas qui bénéficient d’une très forte mobilisation, comme c’est le cas pour cette famille », explique Lionel Claus de la Cimade.

Recours. Depuis leur arrestation le 16 novembre dernier à Gray, petite ville de Haute-Saône où ils vivaient depuis cinq ans, les Raba ont effectivement eu droit à un traitement exceptionnel. Marie-Noëlle Fréry, leur avocate, parle « d’acharnement ». Et pose la question du coût de l’opération. Après avoir passé plus de deux semaines enfermés au centre de rétention administrative de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, les Raba ont fait l’objet, samedi, d’une première tentative ratée d’expulsion qui leur a valu un aller-retour Lyon-Paris en avion. Au départ de la capitale, le commandant de bord a refusé de les laisser embarquer en raison de la résistance opposée par la mère.

Retour à Lyon où il est question de les expulser mercredi matin par avion spécial. La date et l’heure sont même communiquées. Mardi, les Raba sont extraits du centre de rétention et conduits à la cour d’appel du Rhône pour examen de leur dernier recours. Alors que leur avocat attend la décision, la famille est emmenée par la police. Vers 20 heures, on les signale au centre de rétention de... Toulouse-Blagnac. Ils y passent la nuit. La Cimade constate que la mère a été séparée de ses enfants.

Discrètement embarqués dans un avion en fin de matinée, Jusuf Raba, son épouse Shpresa et leurs trois enfants devaient arriver en fin d’après-midi à Pristina où les attendaient des représentants de la Croix-Rouge et du Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Mais l’atterrissage a dû être annulé pour cause de brouillard. L’avion a été détourné vers l’aéroport de Tirana (Albanie). Hier soir, la famille s’apprêtait à y passer la nuit.

Critères. Les Raba, en France depuis cinq ans, parents de trois enfants scolarisés (dont deux nés en France) répondaient à tous les critères de la circulaire Sarkozy pour la régularisation des familles sans papiers. Ils ont déposé leur demande cet été à la préfecture de Haute-Saône qui, selon RESF, n’a jamais répondu. La préfecture refusait hier de confirmer.

« Dans cette affaire, on a le sentiment que le ministre de l’Intérieur est prêt à tous les excès, simplement pour ne pas donner l’impression de céder », analyse Catherine Tourier, porte-parole de RESF.


Rappel d’informations :

Après 20 jours de rétention et l’échec d’une première tentative d’expulsion particulièrement violente de la famille Raba, le ministre de la chasse à l’enfant récidive : il se prépare à chasser les parents et les enfants sur un avion militaire pour une destination où le pire les attend peut-être.

On ne dispose plus que de quelques heures pour tenter de sauver la famille RABA et ses trois enfants (Qirim 7, Dashnor 4 et Dashrujé 3 ans). Il s’agit d’une famille Kosovare qui a refusé de participer à des exactions anti-serbes à la fin de la guerre du Kosovo et qui, depuis est persécutée par les anciens de l’UCK devenus policiers. La menace sur leur vie est très réelle en cas de retour au pays. Ils ont demandé le statut de réfugié en 2001. Tout les frères et sœurs de M. Raba l’ont obtenu, pas eux.

Le 17 novembre, ils étaient arrêtés à Gray, petite ville de Haute-Saône où ils s’étaient établis et où les enfants étaient scolarisés. Le 2 décembre après 17 jours dans les horreurs de la République que sont les centres de rétention, ils étaient expédiés sur Paris en vue de leur expulsion sur Pristina. Deux passagers du vol Lyon Paris, (dont un élu du Conseil régional) qui exprimaient leur opinion sur le spectacle qu’Air France leur mettait sous les yeux étaient, plaqués au sol et menottés avant d’être mis en garde à vue.

A Roissy, en voyant l’avion qui devait les faire disparaître, Madame Raba s’est débattue avec l’énergie du désespoir tandis que son mari était maintenu saucissonné et bâillonné dans une autre voiture avec ses enfants. Outré de ce qu’il voyait, le commandant de bord a refusé l’embarquement.

Ce matin, 5 décembre, les Raba étaient présentés à la cour d’appel du juge des libertés qui a décidé de les maintenir 5 jours de plus en rétention, ouvrant ainsi la voie à une expulsion quasi certaine : la préfecture de Haute-Saône a fait savoir qu’ils seraient montés dans un avion militaire venu de Villacoublay mercredi 6 décembre à 10h15. Bien sûr, rien ne garantit que la police aux frontières et le préfet ne mentent pas.

A l’heure où nous écrivons, au lieu d’être ramenée au centre de rétention de Lyon comme le prétendait la police, la famille a disparu. Selon certaines rumeurs, elle serait en route pour Toulouse, pour la couper de ses soutiens.


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