L’administratrice de la FCPE Haute-Garonne : « On voit de plus en plus d’écoliers qui vivent dehors »

vendredi 16 novembre 2018

La Dépêche 06/01/2018

Interview d’Annie Casties-Latapie, administratrice de la FCPE de Haute-Garonne et du réseau éducation sans frontières (RESF)

Cette campagne « Un toit pour apprendre », qui vise à mobiliser l’opinion sur la situation de ces écoliers qui dorment dans la rue, semble s’amplifier chaque année ?

Depuis trois ans que la FCPE est engagée auprès du DAL 31 (Droit au logement) dans cette campagne, en effet, la situation ne fait qu’empirer. Il y a de plus en plus de familles qui arrivent à Toulouse et les enfants sont généralement scolarisés immédiatement. Cela va de la maternelle au lycée, certains sont scolarisés dès l’âge de trois ans. Le service éducation de la mairie de Toulouse a une obligation d’inscrire ces enfants à l’école. C’est d’ailleurs ce qu’ils font. Ce qu’on dénonce aujourd’hui, ce sont les conditions dans lesquelles ces enfants viennent apprendre.

Vous avez quelques exemples ?

On voit des enfants qui vivent sous tente, dans des voitures, dans la rue, qui connaissent les peurs qu’on peut avoir la nuit lorsqu’on vit dehors, même s’ils sont en famille. Ce sont des enfants qui arrivent fatigués à l’école, avec des problèmes d’hygiène, qui sont repérés par les enseignants, des chefs d’établissement qui, eux, nous alertent à la FCPE. On les inscrit tout de suite dans la campagne « Un toit pour apprendre », mais on voit de plus en plus d’écoliers qui vivent dans des conditions très précaires. Pour nous, ils ne sont plus dans le métier d’élève, ce n’est pas du tout adapté.

On a une idée du nombre que représentent ces enfants dans les écoles toulousaines ?

Nous suivons actuellement 51 enfants qui dorment dehors. Ce sont ceux qui sont repérés, mais ils ne sont pas tous inscrits dans la campagne que nous soutenons. Certains sont suivis par la veille sociale du 115, d’autres ne sont dans aucun dispositif.

Quels résultats avez-vous obtenus grâce à « Un toit pour apprendre » ?

Il y a eu des relogements de familles, mais uniquement lorsqu’il y a eu une occupation d’école, un lieu public, les pouvoirs publics – la mairie et la préfecture – engagent une procédure pour mettre à disposition un logement. Parfois, c’est l’hôtel, ce qui n’est pas toujours adapté. Dans une chambre d’hôtel, lorsque vous êtes une famille de cinq ou six personnes, comment voulez-vous cuisiner, manger ? Certaines familles ont un toit, certes, mais les conditions ne sont pas réunies et elles ne peuvent pas s’en contenter. Il faut une vraie politique du logement, mais c’est à l’Etat de déclencher les procédures pour les mettre réellement à l’abri.

Recueilli par Gérald Camie


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