Affaire Makombo, suites

mardi 1er novembre 2005

Réseau Education sans Frontières, information nationale

1er novembre 2005

AFFAIRE MAKOMBO (SENS) : VERS UNE ISSUE ?

Les déclarations du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy s’engageant à ce que la circulaire qu’il envisage de publier autorise les jeunes scolarisés et leurs familles à demeurer en France jusqu’à la fin de l’année scolaire ont permis aux enfants de Barbe Makombo, Rachel et Jonathan, de mettre un terme à leur fuite. Ils ont retrouvé leur mère et leurs deux jeunes sœurs Grace et Naomie le samedi 29 octobre, après 81 jours d’absence. L’émotion était au rendez-vous.

Rachel et Jonathan sont actuellement hébergés à Sens. Ils y resteront domiciliés jusqu’à ce que l’assignation à résidence de leur mère à Migennes soit levée et qu’elle puisse entrer dans le logement mis à sa disposition à Sens.

Les démarches destinées à valider les inscriptions scolaires de Rachel (en Troisième à Sens) et de Jonathan (en Seconde au Lycée polyvalent) sont en cours. La levée de leur inscription d’autorité à Migennes et à Joigny a été demandée au ministère de l’Education nationale. Des rendez-vous seront pris avec les chefs d’établissements concernés.

Les 10 947 signatures de la pétition « Vous nous prenez pour qui ? » revendiquant la protection et l’hébergement accordés à Rachel et Jonathan pendant leur cavale ont été remises le 31 octobre au ministère de l’Intérieur, ainsi que, pour information, les signatures d’élus de l’Yonne demandant la régularisation de Barbe Makombo. Ces pétitions ont été remises à un planton, le ministère de l’Intérieur n’ayant trouvé personne pour recevoir la délégation chargée de transmettre la protestation des milliers de personnes indignées des persécutions contre des enfants. Bel exemple de l’arrogance de la caste technocratico-politique.

Barbe Makombo, accompagnée d’une délégation de son collectif de soutien (Jean-Jacques Avis, Pasteur de l’Eglise Evangéliste, Jean Cordillot, ancien Maire de Sens, Conseiller municipal, Jean-Marie Guyon, Cimade et MRAP, Thérèse Lagoutte, Conseillère municipale de Sens, Jean-Pierre Lepage, Curé de St-Florentin, délégué à Pastorale des Migrants, Mariah, représentante des jeunes solidaires des enfants Makombo, Richard Moyon, Réseau Education sans frontières, Jacques Pioch, Secrétaire FSU 89, Jean Terreran, SGEN-CFT) rencontrera Monsieur le Préfet de l’Yonne le 2 novembre à midi. Cinq demandes seront présentées :

1)L’assurance que Barbe Makombo et ses enfants ne seront pas reconduits à la frontière.

2)L’engagement que Rachel et Jonathan ne seront soumis à aucun interrogatoire de police. Un contact sera pris à cette fin avec le ministère de la Justice.

3)La levée immédiate de l’assignation à résidence de Barbe Makombo.

4)Le droit de scolariser ses enfants dans la ville où elle disposera d’un logement.

5)Un titre de séjour renouvelable lui permettant de résider légalement en France et d’y travailler (elle a des propositions d’emploi) afin de ne pas condamner cette famille au dénuement extrême (10 € par semaine et par personne, soit une baguette et demie de pain par jour et par personne). Ayant enduré ce qu’ils ont vécu en RDC puis ayant subi les épreuves de ces dernières semaines, Barbe Makombo et ses enfants ont gagné le droit à une vie digne. Le droit de gagner sa vie et d’élever ses enfants pour Barbe, celui à l’éducation et à la scolarité pour Rachel, Jonathan, Grace et Naomie.

Ces demandes sont formulées par un collectif de soutien qui dépasse les clivages traditionnels et rassemble des sensibilités multiples, véritable reflet de la société dans ses diversités. Plus de 4 000 habitants du département de l’Yonne ont signé une pétition demandant la régularisation de Barbe, 136 élus du département (à ce jour) de toutes tendances ont fait de même, 11 000 personnes, parmi lesquelles nombre de responsables nationaux syndicaux, associatifs et politiques ont signé la pétition Vous nous prenez pour qui ?, deux rassemblements ont eu lieu devant la Sous-Préfecture de Sens, un sit-in à la porte du lycée polyvalent de Sens, un débrayage à celui de Joigny, une présence silencieuse du collectif lors du Colloque sur l’intégration, une réunion publique avec des dirigeants de la LDH, du MRAP et de la FSU, un concert de solidarité a réuni 300 personnes, essentiellement des jeunes, des dizaines de citoyens ordinaires ont délibérément enfreint la loi pour accueillir Rachel et Jonathan, les héberger, les transporter, les nourrir, les éduquer, les distraire et surtout les soutenir matériellement et moralement, des dizaines d’articles sont parus dans la presse régionale et nationale (et encore le 31 octobre dans Le Monde de l’Education et dans Elle qui y consacre son éditorial), les radios et les télévisions ont abondamment rendu compte de l’affaire. Il faut que les autorités respectent la volonté populaire quand elle s’exprime de façon aussi unanime et déterminée. Barbe Makombo doit recevoir un titre de séjour.

Une conférence de presse se tiendra mercredi 2 novembre vers 13 heures au siège de la FSU (2 avenue Gustave Courbet, Auxerre) à la fin de l’audience en préfecture.


Réseau éducation sans frontières

Les 10 000 défenseurs de Rachel et Jonathan traités comme des imbéciles

Pour éviter d’être renvoyés de force vers un pays où leur père a disparu avec quatre de leurs frères et soeurs et où leur mère a été persécutée, deux adolescents ont du s’enfuir et rester cacher pendant plus d’un mois quelque part en France. Recherchés par la police, ils n’ont échappés au sort qui leur était promis que grâce à la solidarité d’un groupe, tout d’abord restreint, de proches (professeurs, élèves, militants...) qui s’est ensuite rapidement transformé en vaste mouvement de soutien dans leurs établissements scolaires, dans leur ville, Sens, puis dans toute la France.

En quatre semaines, plus de 10 000 personnes, connues ou inconnues, ont signé un texte où elles déclaraient avoir aidé - ou être prêtes à le faire - Rachel et Jonathan ainsi que tous les enfants menacés d’expulsion.

10 000 personnes qui, malgré une loi criminalisant les personnes aidant les sans-papiers, le fameux « délit de solidarité », ont bravé le gouvernement en lui demandant : « Pour qui vous nous prenez ? ».

De toute évidence pour des imbéciles. Car pour seule réponse, le ministre de l’Intérieur vient de déclarer dans la presse et devant l’Assemblée nationale, par la voix d’un de ses lieutenants, qu’à l’issue de l’année scolaire « les parents en situation irrégulière devront regagner leur pays d’origine avec leurs enfants ».

Ce gouvernement pense-t-il réellement que les milliers de personnes qui se sont mobilisées pour Rachel et Jonathan et les dizaines de milliers d’autres qui se battent pied à pied contre les incursions de la police dans les écoles, l’enfermement de familles entières dans les centres de rétention et l’expulsion des jeunes scolarisés, vont se satisfaire d’un répit de quelque mois, à l’issue duquel la machine à expulsion se remettra en route comme si de rien n’était ?

La concession du ministre de l’intérieur relève de la pure tactique. Elle a pour seul objectif de désamorcer une mobilisation qui prend une ampleur menaçante pour le gouvernement. Hors de question d’attendre tranquillement l’été, période où les jeunes et leurs familles sont coupés de la communauté scolaire pour laisser les préfectures procéder à des expulsions massives.

Une délégation se présentera lundi au ministère de l’Intérieur pour y déposer les 10 000 signatures.

Elle réaffirmera à cette occasion que la mère de Rachel et de Jonathan doit être régularisée de façon définitive comme tous les élèves et leurs parents.

Le 28 octobre 2005

Signer la pétition sur le site web du RESF

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site www.educationsansfrontieres.org

[Sur la même affaire, voir aussi les communiqués des 17 août, 24 août et 2 septembre et 23 septembre 2005]


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