« Que sont les sans-papiers devenus ? »

Article extrait du Plein droit n° 119, décembre 2018

Les sans-papiers sont devenus invisibles Le Gisti

Depuis quelques années, les sans-papiers ont disparu des radars. Dans les journaux, les publications scientifiques et les recherches, dans les débats et autres colloques, le thème des sans-papiers a disparu, comme il a disparu des déclarations politiques. Comme s’il ne posait plus question, comme si la présence d’étrangers installés en France, mais en situation irrégulière, était un phénomène soit marginal, soit sans importance, y compris aux yeux de ceux qui en parlaient, il y a peu encore, comme d’un problème, d’une menace ou d’un scandale. Aujourd’hui, la « figure de l’étranger » n’est plus incarnée par ces membres de famille (conjoints, ascendants, enfants) venus rejoindre leur parent vivant en France sans passer par la procédure du regroupement familial ; ni par ces mères ou ces pères, ces épouses ou ces époux de Français entrés sans visas ; ni par ces étudiants n’ayant pu renouveler leur titre de séjour ; ni par ces travailleurs se battant pour leur « régularisation »...

Ce sont désormais les « migrants » qui sont sur le devant de la scène. Ce terme générique désigne, selon les cas, des réfugiés, des exilés, des demandeurs d’asile, mais suggère, surtout, qu’ils viendraient juste d’arriver en France et que la plupart ne seraient pas destinés à y rester. Une idée confortée par leur représentation dans les médias : à quelques rares exceptions près, pour évoquer la présence d’étrangers en France, on montre des images de personnes vivant dans la rue ou installées dans des campements de fortune, formant des files d’attente devant des postes de distribution de nourriture mis en place par des associations, malmenées par des évacuations répétées et des opérations de refoulement aux frontières, autrement dit des personnes qui seraient « en trop » par rapport aux capacités d’accueil de la France.

Cette perception est entretenue par la gestion politique de leur présence. Pour justifier le lancement d’une nouvelle réforme du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) au début de l’année 2018, le gouvernement n’a-t-il pas invoqué « une pression migratoire d’une ampleur inédite », caractérisée notamment par l’existence de « campements illégaux [qui] se constituent dans les territoires et les agglomérations les plus exposés à la pression migratoire au détriment de tous : migrants, riverains et pouvoirs publics » ? Pourtant, les chiffres en attestent : la France n’a été affectée que de façon très marginale par l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile en Europe au cours de la période 2015-2016. En revanche, elle a parfaitement su jouer sur les images des passages d’autres frontières européennes, largement diffusées sur les chaînes d’information, pour entretenir la peur de l’« invasion barbare ». Si l’on n’avait jamais vu, jusqu’alors, autant d’exilés contraints à vivre dans des « campements illégaux », ce n’est pas à cause d’une imaginaire « pression migratoire ». C’est en raison d’un dispositif d’accueil structurellement et, sans doute, délibérément insuffisant, auquel s’ajoute la traque administrative et policière qui, ensemble, concourent à la politique de dissuasion à l’égard des demandeurs d’asile. En donnant une telle visibilité aux « migrants » qui viennent d’arriver, qui le plus souvent ne disposent pas de solidarités familiales et amicales en France ni de lieu pour poser leur valise, on associe les personnes étrangères au passage, au provisoire, à l’errance. Et on ajoute à l’illégitimité de leur présence l’infamie de leurs conditions de vie, une misère qui se donne à voir au cœur des villes et non plus dans leurs interstices. Or, cette sortie de l’ombre fait le jeu d’élus locaux prompts à dresser les « riverains » contre ces indésirables, qui le sont d’autant plus qu’ils détériorent le cadre de vie des premiers.

Ce faisant, on efface du paysage celles et ceux qui, bien qu’installés en France parfois de longue date et y travaillant souvent dans des secteurs délaissés par la main-d’œuvre française, sont toujours en situation irrégulière de séjour : les sans-papiers. Pas plus que les migrants, ils ne constituent une catégorie homogène. Il y a celles et ceux dont la situation administrative s’est dégradée – perdant leur droit au séjour consécutivement à un changement de statut, à la perte de leur emploi, à une rupture, à l’échec à un examen, à une réforme ou à des pratiques préfectorales qui poussent à la faute. D’autres n’ont jamais pu obtenir un titre de séjour, malgré leurs tentatives pour entrer dans les cases dessinées par des circulaires de régularisation du fait de l’ancienneté de leur présence en France, de leur qualité de travailleurs, des attaches, familiales ou non, qu’ils y ont tissées, d’une pathologie impossible à traiter dans leur pays ou encore de la scolarisation de leurs enfants dans des écoles de la République.

En effaçant les sans-papiers, on étouffe aussi leurs luttes, qui pourtant n’ont pas cessé, même si elles sont moins visibles qu’auparavant. À la vague de grèves de la faim entraînée par celle des « sans-papiers de Saint-Bernard » en 1996 ; aux larges mobilisations des années Sarkozy contre « l’immigration jetable » : aux opérations médiatiques du réseau Éducation sans frontières (RESF) ont succédé des combats plus discrets, menés, souvent au niveau local, par des collectifs tenaces pour arracher pied à pied des régularisations.

Ces combats sont plus que jamais nécessaires car si le curseur politique a déplacé l’attention des sans-papiers vers les « migrants », les lois et les pratiques aggravent la situation des uns comme des autres. Lors des débats parlementaires qui ont précédé l’adoption de la réforme du Ceseda du 10 septembre 2018, la question de la régularisation a été très peu évoquée par les députés et les sénateurs. Au reste, une grande partie des parlementaires issus de la majorité semblait tout ignorer de cette réalité, et même des grandes lignes du droit des étrangers. Dans l’hémicycle, il était surtout question de « pression migratoire » et de demandeurs d’asile. La loi, principalement centrée sur l’accélération des procédures d’asile et d’éloignement, traduit cette préoccupation prioritaire.

Nul doute, pourtant, que nombre des demandeurs d’asile d’aujourd’hui viendront, demain, grossir les rangs des sans-papiers


lundi 18 février 2019

Pétitition de soutien à la famille K

Groupe scolaire Ferdinand de Lesseps


JPEG - 6.3 ko Groupe scolaire Ferdinand de Lesseps

P E T I T I O N

La famille K. est arrivée en France en octobre 2013. Elle a dû fuir son pays d’origine car ses conditions de vie étaient devenues impossibles. Les deux enfants Mejsana et Shuajb sont scolarisés à l’école élémentaire Ferdinand de Lesseps . La demande d’asile de cette famille et le recours ont été rejetés. Cela fait maintenant plus de 5 ans que cette famille vit en France et s’est parfaitement intégrée dans notre pays.

Nous, signataires de cette pétition, tenons à rappeler l’article10 de la déclaration des droits de l’enfant (accepté à l’unanimité par l’assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1959) :

« Le droit à la protection contre toute discrimination et le droit à une éducation dans un esprit d’amitié entre les peuples, de paix et de fraternité »

Cette situation nous concerne tous : parents, éducateurs, enseignants, voisins, citoyens. Par cette pétition, nous demandons une régularisation de cette famille afin que pour eux la vie redevienne possible.

Nom, Prénom Adresse Signature

A retourner à : École Ferdinand De Lesseps 7, rue Ferdinand De Lesseps 31100 Toulouse ou Fax : 0561411314


mardi 19 février 2019

La Famille congolaise de Portet doit pouvoir déposer sa demande ici STOP DUBLIN !

Mme Héléna T., maman de 2 enfants, Eldeure et Laure Marie, enfants scolarisés à l’école maternelle Jean Jaurès et Pierre et Marie Curie de Portet/Garonne, est arrivée en France en 2018. Heléna vient de déposer un recours au tribunal administratif contre une mesure d’éloignement vers le Portugal (...)
lundi 18 février 2019

Nuit des écoles - Un Toit Pour Apprendre

Le mal-logement touche de nombreux enfants scolarisés (sans-abrisme, précarité énergétique, insalubrité...). Cette situation préoccupante s’aggrave au fil des années. La campagne Un Toit Pour Apprendre (DAL 31, FCPE, LDH, RESF, CGT éducation, SUD éducation, collectifs d’écoles...) dénonce le manque de (...)

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Brèves

18 décembre 2018 - Rassemblement de soutien à la Case de santé

A 14 heures, jeudi 20 décembre voir l’appel dans les articles

3 décembre 2018 - DES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCES CONJUGALES ET LEURS ENFANTS A LA RUE LA MOBILISATION CONTINUE !

Communiqué de Presse Du collectif « Le camp des femmes » Femmes unies, toutes à l’abri ! DES (...)

3 décembre 2018 - Hébergement d’urgence, mobilisation le 4 décembre !

A l’appel de nombreuses associations, manifestation à 14 heures

26 novembre 2018 - appel à soutien

APPEL A SOUTIEN Madame Héléna T ,dont les deux enfants sont scolarisés à l’école Jean Jaurès et (...)

22 novembre 2018 - Greve des salariés du SIAO 22 novembre 2018

Nous, salarié-e-s du SIAO, sommes à nouveau en grève pour dénoncer le manque de solutions dignes et (...)